Skip to content

A propos

L'esprit

L’association PERECOFIL brode depuis 1999 pour donner formes et couleurs à des textes de Georges Perec.

Pourquoi des textes ?
Pour échapper aux ouvrages de dames, coussins, mouchoirs et autres abécédaires.
Par goût pour la littérature.

Pourquoi de la broderie ?
Parce que les couleurs de cotons à broder sont fixes.
Elles permettent d’établir un code pérenne, utilisable par tous et partout.

Pourquoi Georges Perec ?
Parce qu’il  a donné une forme à certains de ses textes.
En attribuant une couleur à chaque lettre de textes ainsi contraints, nous avons réalisé une œuvre à la fois plastique et littéraire.

Comment broder ?
Au commencement, il y a la lettre.
Chaque lettre est représentée par un carré de couleur, sa graphie disparaît.
Les broderies sont réalisées au point de croix, sur de la toile Aïda 5.5.
Un Cahier des charges a été établi pour préciser les règles de composition des œuvres.
Les broderies terminées s’apparentent à certaines œuvres d’artistes modernes ou contemporains, comme Sophie Taeuber-Arp pour ses compositions géométriques brodées, Aurélie Nemours, Alighiero e Boetti, François Morellet, chez lesquels on retrouve l’abstraction géométrique, parfois un  support textile, des choix aléatoires, l’application de principes de composition et souvent un jeu avec la lettre et les mots.

Qui brode ?
Quiconque applique le Cahier des charges établi par PERECOFIL.
L’association PERECOFIL a été créée pour donner une existence légale à cette entreprise. Elle poursuit sa tentative d’épuisement des textes à contraintes formelles de Georges Perec. Elle organise des expositions, des ateliers et des manifestations autour de cet homme de lettres.

Paul Klee
Sophie Taeuber-Arp
Alighiero e Boetti

Les lettres

Georges Perec est surtout connu pour ses romans récompensés (Les Choses, prix Renaudot en 1965, La Vie mode d’emploi, prix Médicis en 1978) ou pour son roman-tour de force (La Disparition, roman sans E).

Mais c’est aussi un poète dont les œuvres, délaissant un art poétique traditionnellement fondé sur la syllabe, obéissent à des contraintes formelles inédites touchant à la disposition réglée de leurs lettres : il faut entendre Georges Perec au sens propre, lorsqu’il dit préférer au terme à ses yeux trop convenu d’“ écrivain ” celui d’“ homme de lettres ”.
C’est à cette variété de textes graphiquement contraints que se sont confrontées des brodeuses. Représentant chaque lettre de l’alphabet par un carré brodé au point de croix avec un fil de couleur spécifique, elles font surgir de leur toile les architectures secrètes des poèmes :
– diagonale sénestro-descendante des M dans une des strophes “ carrées ” (60 lignes de 60 signes) du Compendium qui clôt le chapitre LI de La Vie mode d’emploi ;
– hypothénuse dextro-descendante des A dans le poème triangulaire A la grave saison ;
– anagrammes sériels des onze lettres différentes d’un vers dans un onzain d’ Alphabets.

A mi-chemin entre code à construire et texte à lire, chaque poème brodé offre ainsi la traduction chromatique d’une parole présente / absente.

Bernard Magné
Auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'œuvre de Perec, a animé pendant plusieurs années le séminaire Perec à Jussieu.

le compendium de la vie mode d’emploi
à la grave saison
le onzain 106 d’alphabets